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Le ministère d’implanteur d’Eglises


« Le ministère d’implanteur d’Eglises»
(David BROWN, pasteur-implanteur avec France-Mission)

Aujourd’hui on reconnaît de plus en plus que le mot « pasteur » n’est pas seulement un terme générique, mais qu’il peut recouvrir toute une gamme de « spécialités » - pasteur-formateur, pasteur-évangéliste, pasteur-gestionnaire. Dans cette perspective, le ministère d’implantation d’église est une vocation particulière. Parfois on le désigne par le vocable « pionnier » mais on commence à parler également d’implanteur pour éviter le côté un peu « far-west » évoqué par la notion du pionnier.


Mais quelles sont les spécificités de ce ministère ? Comment le reconnaître ? Quels critères faut-il retenir pour le discerner chez quelqu’un ? J’aimerais proposer trois axes de réflexion sur ce sujet.


1) Il faut être appelé à le faire

Pour moi, il s’agit tout d’abord d’une vocation, d’un appel de Dieu. Ce ministère ne semble pas dépendre de tel ou tel don spirituel, même celui d’évangéliste. Car toute implantation d’église comporte trois aspects de ministère, à savoir l’évangélisation, l’édification, et la structuration de l’église.


J’ai la conviction que Dieu prépare quelqu’un pour ce ministère par tout son vécu. Le même apprentissage de vie qui amène quelqu’un à lancer une « start-up » plutôt que d’être fonctionnaire peut être utilisé par Dieu pour préparer un implanteur.


Car, au fond, l’implanteur est animé par une passion! « Je me suis fait honneur d’annoncer l’Evangile là où Christ n’avait pas été nommé » (Romains 15 v20). En ce qui me concerne, j’ai parfois un sentiment d’indignation (« d’irritation » selon certaines traductions d’Actes 17v16 !) en constatant combien le monde travaille pour faire grandir ses entreprises alors que les chrétiens ont du mal à être animés par le même esprit de conquête.

2) Il faut oser le faire

En ce qui me concerne, trois caractéristiques me semblent incontournables pour le pionnier :

* La capacité de développer une vision et de voir, étape après étape, comment y parvenir avec l’aide de Dieu.

* La motivation personnelle. La persévérance, la discipline personnelle et la créativité sont indispensables car on est seul face à la tâche : il n’existe pas encore de structure qui rythme les journées et qui oriente le travail. Et même si on travaille en équipe (ce qui est l’idéal), le leader doit savoir motiver les autres dans ce contexte particulier.

* La coopération du couple. Il n’est pas possible d’avoir un ministère d’implanteur sans l’accord total du couple sur le projet. Il y a des sacrifices à assumer – par exemple, le manque de groupes d’enfants ou l’absence de communion fraternelle dans un premier temps.


Ceci dit, gardons-nous d’une image du pionnier qui rend ce ministère inaccessible à tous sauf à une petite élite avec des capacités s extraordinaires.


3) Il faut savoir le faire

Il faut se former auprès des « théoriciens » et auprès des « praticiens ». Il faut réfléchir jusqu’à ce que cela fasse mal ! Le savoir-faire n’est pas un élément de luxe à ajouter le cas échéant, mais une nécessité dans notre monde complexe d’aujourd’hui.

Ensuite, une fois l’implantation démarrée, on doit savoir rassembler les croyants et rassurer le petit troupeau. Il faut savoir expliquer ce que l’on fait aux autorités. Parfois même, il est nécessaire d’assumer son soutien et les frais de fonctionnement .

Et surtout, il faut savoir où on va, car l’impulsion donnée au départ conditionne parfois tout le développement ultérieur de l’église. Puis, au fur et à mesure de l’implantation, on doit savoir où on en est dans la construction de l’assemblée. Personnellement, je trouve qu’il est intéressant de se baser sur les trois stades d’une implantation définie par Remop il y a quelques années : le poste pionnier, l’église en formation et l’église majeure. Car la bonne volonté et l’engagement spirituel ne dispensent pas l’implanteur de la nécessité de saisir les priorités à chaque stade de croissance de l’Eglise.

Enfin, il est vital de trouver des réponses à des interrogations bien concrètes telles que :


comment former des responsables locaux ?

combien de temps faut-il rester dans l’église implantée ?

comment préparer une nouvelle implantation-fille ?

Devant l’immensité de la tâche qui consiste à voir de nouvelles églises prendre racines dans un maximum de localités en France et devant le manque d’implanteurs qui se consacrent à cette tâche, je suis émerveillé en lisant le texte enthousiaste et motivé de l’apôtre Pierre :

« Comme de bons dispensateurs des diverses grâces de Dieu, que chacun de vous mette au service des autres le don qu’il a reçu … si quelqu’un remplit un ministère, qu’il le remplisse selon la force que Dieu communique, afin qu’en toutes choses Dieu soit glorifié par Jésus-Christ, à qui appartiennent la gloire et la puissance, aux siècles des siècles. Amen ! » (1 Pierre 4 v10-11).

http://www.fef.asso.fr/



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