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par Daniel Liechti, membre du comité national de
la FEF,
responsable de la commission d'implantation d'églises nouvelles.
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La nécessité d'une vision renouvelée
Notre
génération ne pourra connaître l'Évangile
qu'à condition que plusieurs milliers d'Églises
soient fondées. Le nombre d'Églises évangéliques
en France est si infime que certaines personnes ignorent jusqu'à
leur existence, et, triste paroxysme, l'augmentation du nombre
d'Églises est très insatisfaisante. Pourtant il
n'y a pas là d'inéluctabilité. Plus que jamais,
il faut diagnostiquer le mal et s'engager ensuite dans la bonne
direction. N'est-ce pas dans la fréquente omission de l'autoreproduction
qu'il faut rechercher le principal facteur causal de cette pathologie
évangélique française ? Les efforts d'implantation
courageux entrepris hier et aujourd'hui par des témoins
de l'Évangile français ou étrangers ne suffisent
pas à compenser le faible taux d'autoreproduction des Églises
existantes. La situation actuelle ainsi que le rythme des nouvelles
créations d'Églises ne s'amélioreront qu'à
condition que l'accroissement ne dépende pas si amplement
du travail effectué par les seuls pasteurs-fondateurs,
de surcroît fréquemment d'origine étrangère.
Les Églises existantes avec leurs collaborateurs devraient
entrer plus résolument dans le processus d'une pleine majorité-autonomie
incluant l'autoreproduction de leur Église.
Nous
pensons que le but suprême de la mission en France est l'évangélisation
du pays en édifiant des Églises locales capables
de s'autoreproduire (37). En s'appuyant sur des Églises
locales qui se multiplient, la France pourrait être évangélisée
(38) en relativement peu de temps.
Le
manque d'autoreproduction des Églises pourrait signifier
que beaucoup de fondateurs d'Églises ne prêtaient
pas assez d'attention, jadis, à la nécessité
d'amener les Églises vers la pleine majorité-autonomie.
L'objectif de la majorité-autonomie devrait aujourd'hui
se généraliser et influencer davantage les comportements.
Ce n'est pas seulement le pragmatique choix du réel face
à un malaise, la recherche de l'efficacité, le chemin
le plus logique quant aux exigences stratégiques : il est
surtout l'expression d'un progrès spirituel que l'on recherche
avec zèle pour la gloire de Dieu et le bien d'autrui, et
il apporte à l'Église qui transmet la semence de
Vie aux autres, en retour, une richesse incomparable.
Huit
propositions concrètes favorisant l'édification
d'Églises majeures-autonomes
1.
Il est nécessaire de sensibiliser davantage tous
les collaborateurs et toutes les églises existantes à
l'importance, pour toute Église locale, d'acquérir
une complète majorité-autonomie comme expression
d'un développement spirituel normal. La pleine majorité-autonomie
ne doit pas être perçue comme un idéal théorique
seulement, mais comme un leitmotiv opératoire.
2. L'urgence de l'implantation en France de plusieurs
milliers d'Églises nouvelles doit être reconnue,
non seulement par les pasteurs-fondateurs français et étrangers,
mais surtout par toutes les Églises existantes, comme objectif
d'évangélisation numéro un qui peut être
atteint, à condition que l'autoreproduction ne demeure
pas l'exception mais devienne la règle.
3. Il est souhaitable qu'un enseignement approfondi sur la thématique
de la majorité-autonomie des églises soit dispensé
dans les écoles bibliques et facultés de théologie
et que les futurs pasteurs, missionnaires, évangélistes
et autres collaborateurs soient amenés à connaître
les possibilités et exigences liées à l'objectif
de la multiplication des églises.
4. Les
jeunes Églises doivent apprendre très tôt
à subordonner tous leurs choix structurels, matériels
et personnels au but supérieur de l'acquisition de la vraie
majorité-autonomie incluant la capacité d'autoreproduction.
5. Chaque Église doit devenir « adulte » et
donner vie à des « filles ». La forme de la
« procréation » (essaimage, envoi de pionniers,
création d'annexes ou de cellules) est secondaire et doit
être adaptée à la capacité de l'Église
et au lieu de l'implantation.
6. Étant donné qu'il semble y avoir proportionnellement
trop de collaborateurs à plein-temps occupés par
des tâches de maintien des Églises existantes au
détriment des besoins de création d'Églises
nouvelles, il faut rééquilibrer les priorités
et libérer dès que possible plusieurs centaines
de collaborateurs, totalement ou partiellement, pour le développement,
avec le soutien de leur Église, du processus de création
d'Églises-filles.
7. Des « partages » de collaborateurs à plein-temps
entre plusieurs (petites) Églises d'une zone géographique
doivent donc être envisagés en vue d'optimiser et
de rationaliser les efforts. De nouvelles expressions des ministères
pastoraux tenant mieux compte des charismes des collaborateurs
et dépassant le rôle pastoral « classique »,
doivent être propagées.
8. Il faut abandonner tout indépendantisme et tout égocentrisme
fussent-ils dénominationnels et favoriser, si possible,
des synergies régionales (39) pour atteindre l'objectif
prioritaire de l'évangélisation de la France par
des Églises qui se multiplient.
NOTES
DE BAS DE PAGE
(1)
France-Mission a depuis de nombreuses années la
belle devise : « Bâtir des églises qui se multiplient.
»
(2) Cf. l'article très utile de Neal Blough
« évangéliser la France : Une expression à
clarifier » in Perspectives Missionnaires 33 (1997), p.
40-52.
(3) Il n'est pas fait allusion ici aux régions
administratives, mais à des ensembles géographiques
qui permettent une collaboration et des échanges soutenus,
et par conséquent, une meilleure utilisation des ressources
humaines et matérielles.
paru
dans Info-fef, Fac-Réflexion et Idéa
http://www.lafef.com/
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