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La pratique

La umma, la " communauté ", se caractérise par un ensemble de pratiques qui fondent une morale. L'islam, n'étant pas une église, n'a ni prêtres ni sacrements. Les activités humaines sont classées par le fiqh en cinq catégories : l'obligatoire, le recommandé, le permis, le détestable, l'interdit. En outre, une distinction est établie entre les obligations du culte ('ibadat) au nombre de cinq, appelées arkan, piliers, et celles qui régissent la vie en société (muamalat).

Les cinq piliers sont :

> la chahada ou profession de foi ;
> la salat, la prière, précédée des ablutions rituelles, est accomplie, en direction de La Mecque, cinq fois par jour, à l'aube, à midi, l'après-midi, au coucher du soleil et le soir ;
> la zakat, impôt obligatoire versé au profit des pauvres et des orphelins notamment ; il se distingue de la sadaqa, aumône volontaire qui est recommandée ;
> la sawm, le jeûne, est obligatoire pour tous les musulmans pubères, pendant le mois de Ramadan ;
> le hadjdj est le pèlerinage effectué à La Mecque par tout musulman qui en a les moyens physiques et matériels, au moins une fois dans sa vie, du 7 au 13 du mois dhu al hidjdja, le dernier mois de l'année hégirienne. Accomplir la 'umra, le " petit pèlerinage ", à d'autres périodes de l'année, est recommandé.

Les muamalat,

les relations s'instaurant entre les personnes, concernent principalement les délits et les crimes, les contrats de droit privé et les interdits alimentaires.

Le Coran prévoit des sanctions légales (hudud) pour certains actes. Concernant l'adultère, à condition qu'il soit dûment attesté par quatre témoins visuels, les deux coupables sont " flagellés chacun de cent coups de fouet " (Coran, xxiv, 2). La lapidation, pratiquée dans quelques pays, est un fait de société et n'est pas coranique. Le vol est puni d'une peine sévère : " Tranchez la main des voleurs, homme ou femme " (Coran, v, 38). Peu de pays l'appliquent, en référence au verset qui suit : " Mais quiconque se repent après son tort et se réforme, Dieu accepte son repentir. " (Coran, xxiv, 39) ; et, selon des fuqaha', si un homme vole pour se nourrir, c'est qu'il y est contraint par une société inéquitable qui n'applique pas l'islam.

Les prescriptions de droit privé concernent les actes de la vie quotidienne. Le mariage, par exemple, considéré comme un devoir social, n'est pas un sacrement, comme chez les chrétiens, mais un contrat établi entre l'homme et la femme et qui peut être rompu par la répudiation ou par le divorce ; ainsi, la femme peut demander que le mari ne prenne pas une deuxième épouse. Le Coran traite également de l'héritage, de la dot, du droit des orphelins, notamment dans la sourate iv, " Les Femmes ", mais aussi du droit de la propriété, des relations commerciales, etc.

Les interdits alimentaires sont plus proches des pratiques juives que des pratiques chrétiennes. Le Coran interdit, entre autres, de consommer le porc et les animaux qui n'ont pas été saignés (Coran, v, 3 ; vi, 138-148), le sang étant impur. Le Coran réprouve les boissons fermentées et le vin mais il n'édicte aucune peine légale à l'égard des contrevenants. En revanche, le fiqh prévoit quatre-vingts coups de fouet, mais ce châtiment est rarement appliqué.

C'est par rapport à ces sources - Coran, hdith, interprétations érudites - que le musulman définit sa ligne de conduite et se situe dans ce monde et dans l'autre. À la différence du christianisme, l'islam croit que l'homme naît bon. Par conséquent, toute recherche du bonheur est licite, dans les limites légales ; aucune morale musulmane ne prône l'ascétisme, le renoncement. Le pardon des offenses est facultatif ; celui qui exerce la loi du talion demeure dans son droit.

L'idéal social des fidèles est toujours mesuré. Se dépasser soi-même est objet d'admiration, mais l'occasion en sera plus volontiers fournie par la guerre que par la paix. En période normale, le bon musulman se mesure à l'aune de l'entraide, de la générosité, de l'hospitalité, de la fidélité à la communauté, de la modération des passions. Celui qui parvient à se détacher des biens de ce monde est meilleur que celui qui succombe aux tentations. Pour noble que soit cette attitude, elle ne permet cependant pas de régler les conflits qui peuvent survenir entre pauvres et riches, entre dominés et dominants. Aussi l'histoire de la religion est-elle traversée de périodes de troubles, où des sectes se créent pour tenter de régler - sans succès - ce type de conflits, auxquels on doit la naissance du chi'isme ou du soufisme.



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