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Le
geste
Le
geste est un langage universel le plus efficace et le plus répandu.
Avant même de savoir parler, le bébé s'exprime
spontanément au moyen de mimiques et de gestes pleins de
signification. Lorsque les mots viennent à manquer, les
adultes mêmes ont parfois recours aux gestes. Certes, ces
derniers ne sont pas toujours bien choisis... Aussi, jouer avec
eux peut être un bon moyen d'apprendre à mieux les
contrôler. La pratique du mime permet d'y parvenir.
Le
mime, bref historique
Dans
les théâtres de l'Antiquité grecque et romaine,
le mime faisait déjà l'objet de spectacles fort
prisés. A partir du XVIe siècle en Italie, le succès
de la commedia dell'arte fut tel que celle-ci est encore vivante
de nos jours dans de nombreux pays. Qui ne connaît ses célèbres
personnages: Arlequin, Pantalon, Polichinelle, Pierrot ou Colombine?
... Au XXe siècle, il y eut le cinéma muet avec,
entre autres, Charlie Chaplin et Buster Keaton, et l'on peut citer
également les spectacles du grand mime Marcel Marceau,
qui fit rêver des générations de spectateurs
dans le monde entier grâce à son personnage, le clown
Bip.
Actuellement,
le mime est toujours en vogue et on le trouve souvent intégré
à d'autres formes de spectacles, comme le théâtre,
le cirque, la danse, le cinéma, le music-hall...
Le
langage gestuel
À
mi-chemin entre le théâtre et la danse, le mime est
un peu des deux à la fois: théâtre dans sa
façon de mettre en scène les histoires qu'il raconte,
et danse parce que c'est le corps qui s'exprime. Evidemment, il
ne suffit pas d'ôter la parole à une pièce
de théâtre pour obtenir du mime, car cette dernière
ne serait alors guère compréhensible. Il s'agit
donc de substituer aux mots un autre langage, composé de
gestes chorégraphiés.
Comme
tous les langages, le mime a ses propres règles de fonctionnement.
L'outil d'expression n'est plus l'appareil phonatoire, mais le
corps tout entier. Ce sont les gestes et les mimiques qui deviennent
les seuls porteurs de signification. Ce type de langage existe
déjà dans la vie courante, la plupart de nos gestes
ayant une signification pouvant être interprétée.
Par exemple, dans le domaine pragmatique: « Tiens, il tremble.
Peut-être a-t-il froid? », ou bien dans l'émotionnel:
« Tiens, il me regarde, il ne sourit pas, ses lèvres
sont pincées, ses sourcils froncés, etc. Il a l'air
en colère... »
À
l'instar du théâtre, où la voix de l'acteur
doit emplir le volume sonore afin d'être perçue par
le spectateur le plus éloigné, les gestes de celui
qui mime devront être réalisés avec ampleur
et précision, voire exagération. Il est important
de se rappeler que les mimiques du visage sont moins visibles
de loin que la silhouette de l'acteur, et qu'il ne faut donc pas
hésiter à jouer largement de cette dernière.
Suggestions
d’utilisation
Chacun
des petites pièces présentes sur le site permet
d’introduire, voire de réaliser un spectacle,…
ce qui est un projet stimulant, mais en aucun cas obligatoire.
On peut choisir de mimer sans vouloir confronter son jeu au regard
de spectateurs extérieurs au groupe...
*
Il va de soi qu'une saynète doit être lue et explicitée
avant d'être montée. Elle doit tout d'abord pénétrer
la pensée avant d'être traduite en gestes. Pour cela,
plusieurs lectures sont conseillées, qui seront faites
soit par l'enseignant, soit par les enfants s'ils sont lecteurs,
sans oublier d'expliciter le vocabulaire. A compris celui qui
est capable de paraphraser l'histoire, c'est-à-dire de
la restituer avec ses propres mots.
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Faire pratiquer divers exercices préparatoires au théâtre
(voir ce propos la partie Techniques d’acteur de la section
Théâtre du site), en mettant l'accent sur le geste
et l'expression corporelle, ne peut qu'être bénéfique
(voir le paragraphe ci-dessus sur le langage gestuel). Et pourquoi
ne pas aussi danser les sentiments comme la joie, la colère
ou la tristesse, etc. ?
*
Un travail de recherche préalable est nécessaire.
Quelles sont les différentes façons d'exprimer telle
émotion ou de représenter telle action? Quelle est
la plus adaptée, la plus visuelle, la plus surprenante,
la plus amusante, etc.?
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L'analyse de films muets ou d'autres documents vidéo sur
le mime permettra d'affiner les postures et les mimiques, mais
il faut garder à l'esprit, et faire remarquer à
l'acteur en herbe, que la technique de l'audiovisuel permet, grâce
aux gros plans, de rapprocher le spectateur de l'acteur, ce qui
est impossible dans le contexte théâtral.
*
Les indications scéniques ne sont en aucun cas limitatives,
bien au contraire, elles ne sont que des suggestions, et le travail
sera d'autant plus riche et enrichissant que chacun pourra lui
apporter sa propre créativité. Il en va de même
pour la musique et les bruitages, dont le choix appartient en
priorité au metteur en scène, éventuellement
assisté de ses « ouailles». À vous d'apposer
votre touche personnelle.
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Et surtout, ne perdez jamais de vue la notion de plaisir, c'est
la meilleure des motivations. Le but de cette aventure n'est-il
pas, après tout, de jouer le mieux possible en vue de faire
passer le message
Extrait
de "Sketches et contes à mimer", de Brigitte
Saussard (éd. Retz)
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