L'occupation
de l'espace doit être pour le comédien une référence
constante dans son jeu et ses déplacements. Il doit en
permanence savoir où il est situé sur le plan géographique
de l'espace scénique et des éléments du décor
mais aussi par rapport à l'emplacement et les trajectoires
des autres acteurs.
L'occupation
de l'espace, le placement du comédien et ses déplacements
ont une incidence forte sur le caractère du message (texte)
qu'il délivre.
Exemple de
base: si l'acteur dit une phrase du genre "je vous aime"
ou "je vous déteste" en direction des spectateurs,
et qu'il se place à l'arrière scène sur un
côté, la phrase n'aura pas la même valeur que
si elle avait été dite sur le même ton à
l'avant scène, central. Vous pouvez faire le test en réel.
Toujours savoir
où se trouvent les autres, principalement quand le comédien
est à l'avant scène en ouverture et qu'il ne peut
voir derrière lui ses partenaires. Le personnage qu'il
interprète peut et doit même parfois ignorer ces
détails, mais pas l'acteur qui l'habite.
L'occupation
de l'espace est dans un premier temps, le fait du comédien.
Par la suite, il est celui du metteur en scène. Les placements
et déplacements sur, ou entre les répliques ne sont
pas anodins et participent activement à la qualité
d'un spectacle. Ils doivent être pensés par rapport
à la psychologie des personnages, à l'idée
directrice du spectacle et par rapport évidemment à
l'ouverture générale.
Plus il y
a de comédiens sur le plateau, plus l'organisation des
placements et déplacements est complexe à gérer.
Le metteur en scène devra souvent tester par lui même
la vision qu'ont tous les spectateurs de la scène. Dans
la salle, il devra surtout vérifier les deux extrémités
du premier rang et le dernier rang.
En ce qui
concerne le dernier rang, il devra s’imaginer les têtes
des spectateurs devant lui et constater le cadre de scène
réel, visible par le public.
Si la salle
ne possède pas de scène surélevée
ou que le public ne soit pas disposé comme sur des gradins,
il sera étonné par le peu de choses visibles. Si
de plus les acteurs sont des enfants (plus petite taille que des
adultes)...
Dans cette
situation extrême, il faut absolument bannir de la pièce
tous les jeux où les acteurs sont couchés ou assis
à même le sol, quitte à modifier la mise en
scène.
En expression
corporelle une occupation de l'espace générale correspond
au placement des acteurs se répartissant sur la totalité
de la scène. Il faut éviter que les acteurs se retrouvent
en lignes droites ou diagonales les uns par rapport aux autres.
Il faut à ce moment là, "quinconcer",
c'est à dire faire avancer d'un pas un acteur sur deux.
Ceci est pour
la partie statique, la difficulté lors des déplacements
dans tous les sens est de ne pas dégarnir les côtés
arrière, devant et latéraux. Les acteurs, et c'est
logique, ont tendance à se regrouper au central, laissant
vide ou peu occupée la périphérie.
Toujours en
expression corporelle le contraire de l'occupation générale
est le regroupement en formation serrée des acteurs (ils
doivent entrer en contact physique) à un endroit indéterminé
de la scène. L'image donnée ressemble à celle
d'un jeu de mikado tenu dans une seule main.