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La diction dynamique

Diction dynamique = Phrasé rythmique, technique des escaliers

Un texte est à considérer comme une partition musicale, principalement rythmique et qui doit épouser le sens global du discours ou du personnage.

La diction dynamique, un peu comme un effet de montagnes russes, provoque l'attention du spectateur qui reste ainsi suspendu aux lèvres de l'acteur et à la compréhension du texte joué.

Autre point : si le comédien doit reproduire à l'identique le parler naturel, il ne parle en aucun cas théâtre ou spectacle. En effet le parler naturel implique en général un auditoire assez faible et il est normalement audible par ceux ci. En spectacle, l'audibilité se situe au niveau des spectateurs beaucoup plus nombreux, et il faut donc placer sa voix en conséquence, utiliser un volume plus fort, une articulation plus marquée.

La technique de l'escalier ou la diction dynamique

Voici un tableau simple qui permet d'insuffler des paramètres à la manière de parler, à partir d'un texte ou d'une réplique que l'on divise en plusieurs parties séparées par les articulations.

Couleur
sentiments de colère, tristesse, peur, joie, rire, etc...

Volume
fort, faible, crescendo et decrescendo, etc...

Rythme
rapide, lent, haché, avec des vides, etc...

Ces articulations se font par rapport au sens du texte, les signes de ponctuation en sont souvent les indicateurs. Dans l'exercice qui suit, chaque ligne représente une marche ou partie. Il faut choisir dans les trois propositions du tableau ci dessus, les paramètres que vous emploierez à chaque marche.

Essayez : ces 7 vers sont découpés en 7 marches d'escalier, 6 points d'articulations pour 3 effets.

1) N'ai-je donc tant vécu que pour cette infamie ?
Joie + volume faible + débit rapide

2) Et ne suis-je blanchi dans les travaux guerriers 3) Que pour voir en un jour flétrir tant de lauriers.
Peur + crescendo volume + débit lent

4) Mon bras,
Joie + volume faible + débit rapide

qu'avec respect toute l'Espagne admire
Rires + volume fort + avec des vides

5) Mon bras,
Joie + volume faible + débit rapide

qui tant de fois a sauvé cet empire, 6) Tant de fois affermi le trône de son roi
Rires + volume fort + avec des vides

7) Trahi donc ma querelle et ne fait rien pour moi.
Peur + crescendo volume + débit lent

Essayez à nouveau avec d'autres paramètres

Marche 1: colère + volume fort + débit rapide

Marche 2: tristesse + volume faible + débit haché et rapide

Marche 3: colère + volume faible + débit lent

Il faut exagérer la différence entre les marches et vous pourrez constater que les deux manières d'interpréter le texte sont tout à fait plausibles pour une oreille extérieure. Habituellement, le comédien qui pratique l'exercice est d'un avis tout a fait opposé, il trouve même assez ridicule cette manière de procéder. Il faut encore essayer avec vos paramètres ou effets cette fois ci, qu'il n'est pas obligatoire de limiter à trois.

Les divisions du texte, ses articulations dépendent de la sensibilité ou de la compréhension de l'acteur. En général pour un débutant, elles sont à peine soulignées dans la manière de les restituer. L'animateur devra l'aider à accentuer ses choix et ses propositions.

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Suivant évidemment le type de spectacle et d'une manière générale, les acteurs doivent enchaîner les répliques sans une coupure de temps entre elles. Sauf en cas d'effet volontaire de silence, pour faire ressortir une situation par un geste, un déplacement ou par une respiration. Dans la pratique, un acteur peut ménager dans ses propos les silences qu'il veut et l'acteur qui lui répond, faire de même, mais il doit surtout prononcer le premier mot de son texte immédiatement après la fin de la réplique de celui qui le précède. Et ainsi de suite ...

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Il faut aussi savoir que l'acteur reproduit la manière de parler du personnage qu'il interprète et ce, à travers une vision actuelle, y compris pour les personnages historiques. Il existe différentes colorations, suivant l'écriture, le genre du spectacle : poétique, bourgeois en opposition à banlieues, tragique et bien d'autres encore... Le metteur en scène, s'il l'estime nécessaire, imposera une coloration générale, bien souvent guidée par l'écriture mais aussi par les capacités de ses acteurs. S'il travaille avec des jeunes et que le spectacle impose des rôles de personnes beaucoup plus âgées, il fera bien sûr avec, et tentera peut-être un travail de composition.

La coloration peut être en phase avec la situation ou au contraire s'en détacher, le théâtre est principalement conventions, alors une de plus ...

© Olivier Clarté




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