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Les concepteurs
d'éclairage utilisent savamment toute la puissance et la
subtilité de cet extraordinaire médium qu'est la
lumière. Au théâtre, l'art de l'éclairage
a beaucoup évolué depuis l'invention du premier
projecteur en 1911. Aujourd'hui, les concepteurs et techniciens
éclairagistes ont accès à une technologie
très perfectionnée qui leur permet de faire des
merveilles sur une scène et de créer des effets
modifiables à volonté, capables de s'adapter aux
moindres états d'âme des personnages et aux moindres
soubresauts de l'action.
À la
base, l'éclairage au théâtre a pour fonction
de rendre les acteurs et le décor visibles aux yeux du
public. Mais l'éclairage peut aussi :
créer des atmosphères
indiquer le lieu et l'heure
déplacer l'intérêt d'un lieu à l'autre
sur la scène
donner à la production son style
faire paraître les objets plats ou tridimensionnels
fondre tous les éléments visuels en un tout unifié
Le travail du concepteur
Le
concepteur éclairagiste commence par lire le texte de la
pièce et prend note du type d'éclairage nécessaire
à chaque scène. Il partage ses idées avec
le metteur en scène lors de leur première rencontre.
Les premières rencontres avec le scénographe sont
aussi très importantes car l'un et l'autre doivent s'entendre
sur le « look » à produire. Le décor
détermine parfois l'emplacement et l'orientation des éléments
d'éclairage; c'est donc une bonne idée de repérer
au plus vite les problèmes qui risquent de se produire
dans ce domaine.
Le
concepteur éclairagiste assiste aux répétitions
pour mieux comprendre les effets d'éclairage à créer
et voir comment éclairer les acteurs dans leurs déplacements
sur scène. Une fois la mise en place arrêtée,
le concepteur éclairagiste peut commencer à penser
aux projecteurs qu'il utilisera et à planifier leur emplacement.
Les
outils de planification
À
l'étape de la planification, le concepteur éclairagiste
utilise les outils suivants :
Un
dessin ou une photo indiquant l'atmosphère à créer
ou le style d'éclairage que produisent certaines techniques
Un
plan d'éclairage montrant la scène et le décor
vus en plongée et donnant l'emplacement exact de chaque
projecteur
Un
plan de coupe transversale, soit une représentation à
l'échelle de la scène et du décor vus à
la verticale et montrant la hauteur et la position exactes de
chaque projecteur
Une liste des équipements d'éclairage, soit un tableau
indiquant chaque projecteur, son puissance, sa fonction, la couleur
des filtres, le gradateur auquel il sera relié et le numéro
de son contrôle
Une conduite d'éclairage, soit la liste de tous les effets
d'éclairage prévus pendant le spectacle avec une
indication précise du moment où chacun doit apparaître
Le
contrôle de la lumière
Le
concepteur d'éclairages combine généralement
l'éclairage direct et l'éclairage indirect pour
illuminer les acteurs et les objets présents sur scène.
L'éclairage direct vient d'une source précise et
illumine un secteur précis; l'éclairage indirect
balaie tout et semble venir de partout à la fois.
La
quantité de lumière qu'il faut pour éclairer
un objet sur scène dépend :
du
pouvoir de réflexion de l'objet
de
sa couleur
de
son contraste avec l'environnement
de
sa taille
de
la distance à laquelle on le regarde
Les
concepteurs d'éclairages créent leurs innombrables
effets en jouant avec quatre propriétés de la lumière
:
1.
L'intensité. L'éclairage de scène peut varier
en intensité d'une lueur quasi imperceptible à une
luminosité aveuglante. Le contraste a aussi beaucoup d'effet
sur l'intensité perçue. Une simple lampe de poche
allumée sur une scène obscure semblera très
claire, tandis qu'un projecteur ultra
puissant qui s'allume sur une scène déjà
fortement éclairée semblera n'avoir que peu d'intensité.
2. La couleur. La couleur d'un objet sur scène est déterminée
tant par sa couleur réelle que par la couleur de la lumière
qui l'éclaire. En appliquant des filtres ou gélatines
devant les projecteurs, il devient possible d'appliquer aux comédiens
des couleurs plus flatteuses, de baigner tout un décor
dans une chaude lumière ou de faire mieux ressortir les
couleurs du décor et des costumes.
3. La distribution. Il y a plusieurs façons de distribuer
la lumière sur une scène. On peut en faire varier
la forme depuis une lueur douce, sans définition particulière,
jusqu'à un rayon aux contours nets et drus qui produira
des ombres dramatiques. On peut aussi faire passer le rayon lumineux
à travers une plaque de métal trouée, appelée
un gobo, et créer ainsi des formes et des intermittences,
un peu comme si la lumière traversait un feuillage. Enfin,
on peut illuminer les objets en angles de toutes sortes et créer
ainsi des effets d'ombres et de lumières très variés,
chacune dégageant une atmosphère particulière.
4. Le mouvement. L'intensité, la couleur et la distribution
de la lumière peuvent être modifiées aussi
vite ou aussi lentement que le concepteur et le metteur en scène
le désirent. Par exemple, une scène qui débute
dans la lumière rose de l'aurore peut se terminer dans
la lumière dorée d'un soleil déjà
haut dans le ciel. Ces changements progressifs d'intensité
sont ce qu'on appelle le mouvement de la lumière et offrent
des moyens d'expression inouïs qu'aucun autre élément
visuel de la production ne peut égaler.
©2005
Centre national des Arts (Canada)
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