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Introduction
Le
chant est un magnifique moyen d'expression que Dieu nous a accordé
dans sa bonté. Et ce moyen est à la portée
de tous.
"Chantez,
louez l'Eternel": souvent cette exhortation est répétée
dans l'Ecriture. Les Psaumes, ces cent cinquante poèmes
au centre de la Bible, sont une succession de cantiques, dont
plusieurs nous invitent à joindre notre voix à la
communauté qui chante (Psaumes 95, 96, 98 et tant d'autres).
Et les instruments de musique ne chôment pas: voyez le Psaume
150, où le psalmiste exhorte les croyants à louer
l'Eternel avec au moins sept accompagnements. Dans l’Apocalypse,
qui nous fait entrevoir la gloire à venir du Royaume de
Dieu, nous sommes conviés à un concert sans pareil:
en première audition un cantique nouveau s'élève
en l'honneur du Roi des rois (Apocalypse 5).
Il
serait intéressant de relever dans l'Ecriture toutes les
occasions où le chant exprime la joie du racheté.
Cette joie étant un des signes distinctifs du Royaume,
pourquoi ne pas commencer à l'extérioriser sur terre
déjà? N'attendons pas la perfection du ciel, où
il n'y aura ni voix criarde, ni "fausset"... Nous sommes
en chemin et devons annoncer le Royaume qui vient. Alors, "vous
qui marchez sur la route, chantez !" (Juges 5 .10). Luther
disait: "Que chacun donne libre cours à sa voix! Pareille
joie n'est pas un péché. Elle plaît à
Dieu plus que toute autre joie, car elle entrave l'oeuvre du diable."
Un
aide-mémoire merveilleux
Le
chant a des tonalités plus colorées que le langage
parlé et par là facilite la mémorisation.
Mélodie et rythme aident à retenir les paroles et
les laissent en quelque sorte couler jusqu'au fond du coeur.
Faites
l'essai. Il existe de nombreux versets bibliques mis en musique.
Apprenez-en quelques-uns, et vous verrez si vous n'en retenez
pas facilement le texte. La mélodie viendra comme imprimer
les mots dans votre mémoire. Et soudain, les paroles apprises
dans tel culte de l'enfance, tel camp ou telle répétition
de chorale se mettront à chanter en vous silencieusement.
La
place de la musique dans une leçon biblique
Le
chant est un élément primordial du culte.
On
pourrait longuement épiloguer sur ce thème, rappelant
que le chant est une expression de foi communautaire et personnelle,
l'expression de la foi du peuple de Dieu dans l'ancienne alliance
déjà, puis dans la nouvelle, inaugurée par
le chant des anges et les hymnes à la gloire du Sauveur
qui allait venir. Dans l'histoire de l'Eglise, chaque époque
a vu la création d'un répertoire particulier: mentionnons
le chant grégorien, les psaumes de la Réforme, les
cantiques du Réveil, les chants plus libres du Renouveau
d'aujourd'hui... Certes, beaucoup de ces trésors ne sont
pas accessibles aux enfants, dont le mode de pensée et
d'expression diffère de celui de l'adulte.
Mais
évitons les cantiques dont forme et contenu sont indigestes
pour les enfants. Comment s'y retrouveront-ils si nous leur demandons
de chanter par exemple: "Pour toi qu'un tourment oppresse,
ô coeur abattu..." ou: "Daigne, à l'heure
des adieux suprêmes, t'abaisser jusqu'à moi..."
Dans une leçon, le texte biblique expliqué, commenté,
illustré, aura bien sûr priorité, mais il
s'agit de l'encadrer et, au besoin, de le ponctuer par quelques
chants judicieusement sélectionnés!
Ouvrir la leçon en chantant : voilà un bon départ!
Enfants et moniteurs sont ainsi d'emblée unis dans une
même entreprise: acclamer le Seigneur. Et s'il y a des arrivées
tardives - détail pratique - la classe ne sera pas trop
dérangée. Mais attention: le chant n'est pas là
comme bouche-trou. Il fait partie intégrante du culte.
Les "louanges de l'Eternel" appartiennent à l'enseignement
que Dieu nous ordonne de transmettre aux enfants (Psaume 78.4).
Pour l'ouverture de la séance, des chants entraînants
auront leur place, tandis que pour préparer l'écoute
du message, une mélodie calme et apaisante s'impose généralement.
Au
cours du message le chant peut aussi trouver une place. Pourquoi
ne pas, ici et là, répéter en chantant le
texte qui résume ce message ou interrompre l'exposé
par une strophe de cantique dont les paroles "collent"
avec ce qui est dit? Les enfants apprécient le changement
et aiment s'exprimer eux-mêmes.
Si
vous chantez à la fin de la leçon, le cantique sera
peut-être une prière, qui exprimera la réponse
à la parole entendue, ou l'affirmation de la vérité
enseignée. Une musique vraiment intégrée
à une leçon biblique est un régal pour tous:
enfants et moniteurs, et c'est aussi, je le crois, une joie pour
le Seigneur.
Quel
chant choisir?
Donnons
la préférence à des morceaux simples, accessibles
aux enfants. Ce qu'on appelle "la grande musique" n'est
pas nécessairement à exclure. Des enfants bien entraînés
peuvent réussir l'exécution de chants étonnamment
difficiles. Mais dans une classe biblique ou une réunion
d'évangélisation; tous les jeunes ne sont pas stylés
musicalement, et il est des cantiques qui appartiennent nettement
au domaine des adultes (si ce n'est à celui des spécialistes),
et qu'il faut savoir laisser de côté.
Si
vous possédez des dons pour la musique, vous pourriez former
un choeur groupant des enfants ayant une certaine culture musicale;
cette activité pourrait servir à resserrer les liens
entre différentes paroisses et communautés.
Variété:
tel est le mot d'ordre. N'imposez pas chaque dimanche votre "cantique-rengaine".
Apprenez du nouveau, tout en répétant de temps en
temps les chants connus. Rapidement vous aurez constitué
un répertoire, et les enfants eux-mêmes réclameront
leur cantique préféré.
Dans
le choix, il s'agit de prendre en considération et la musique
et les paroles. Ces deux aspects ont de l'importance.
HR
Rookmaaker déclare : « Non, ce qui est chrétien
dans l'art ne réside pas dans le thème, mais dans
l'esprit qui l'anime, dans la sagesse et dans la compréhension
de la réalité qu'il reflète. »
Quant
aux paroles des chants, elles sont de genre très varié.
Vous avez :
-
Les histoires bibliques mises en rimes que les enfants apprécient
toujours beaucoup.
-
Les chants qui expriment une vérité doctrinale sur
Dieu, Jésus-Christ, le Saint-Esprit, la Bible ou la vie
chrétienne, sous forme de louange, d'affirmation, d'instruction,
et qui sont en général à plusieurs strophes;
moins populaires aujourd'hui, ils ne sont pas à écarter
pour autant.
L'apôtre
Paul ordonne aux chrétiens de Colosses de "s'instruire
par des psaumes, par des hymnes, par des cantiques spirituels"
(Colossiens 3 .16),
-
Les versets bibliques.
-
Certaines paroles centrées sur des thèmes, lesquels
sont comme des "clés" pour des situations de
vie: pardonner, résister au diable, se confier en Dieu,
etc,
-
D'autres chants encore, qui sont un merci à Dieu, ou une
prière, ou encore un appel direct adressé aux petits
chanteurs eux-mêmes.
Dans son choix, le moniteur devra s'adapter, bien sûr, à
l'âge des enfants et à ses propres capacités
musicales.
Et
maintenant... au travail!
Numéro
un; prenez du temps pour apprendre vous-même le chant que
vous voulez enseigner. Si possible, mémorisez texte et
musique. Déchiffrer misérablement une mélodie
lorsqu'on se tient devant un groupe d'enfants, c'est d'avance
leur enlever le désir de l'apprendre. Les ouvriers du Seigneur
doivent se donner de la peine. Notre Maître est digne d'être
bien servi. Si nous exerçons notre ministère avec
amour et joyeusement, à la qualité de notre travail
s'ajouteront une joie communicative et l'enthousiasme d'une ferme
conviction de foi.
Un
instrument de musique facilite l'enseignement de nouveaux chants.
Si vos compétences (ou celles d’une autre personne)
ne (vous) permettent pas d'accompagner la mélodie (par
de simples accords) au piano ou à la guitare, deux moyens
relativement faciles peuvent vous aider à vous tirer d'affaire:
le magnétophone (si possible, ne faites enregistrer que
l'accompagnement, c'est-à-dire le fond musical) ou le lecteur
CD (playbacks- Voir à ce titre la rubrique correspondante
de la section Enfants). Les petits interprètes seront tout
heureux de chanter en compagnie d'instruments de musique invisibles.
La synchronisation demande certes un peu d'entraînement,
mais avec de l'exercice, cela finira par aller tout seul.
Dans
l'exécution du chant, bannissez à tout prix la monotonie.
Efforcez-vous de donner de la couleur au chant en faisant des
nuances. Soyez exigeants. Apprendre aux enfants à bien
chanter la gloire de Dieu fait partie de notre ministère.
Le professeur Rookmaaker fait encore remarquer dans son livre
combien Israël aimait ce qui est beau: « L'une des
premières fois où le Saint-Esprit est mentionné,
c'est au sujet d'un artiste qui était rempli de l'Esprit
de Dieu, de sagesse, d'intelligence et de savoir pour toutes sortes
d'ouvrages... (Exode 31.3-4). Si nous pensons utiliser l'art dans
des buts spécifiquement chrétiens - orner une église,
attirer un incroyant -alors nous devons prendre garde que cet
art soit vraiment bon. Un art de pacotille signifie une adoration
au rabais et un message médiocre. » Ceci est vrai
pour les enfants, dont le goût s'acquiert et se déforme
par ce qu'ils voient et entendent autour d'eux à longueur
de journée. Enseigner à chanter, cela s'apprend;
or, tout apprentissage exige travail, attention et temps.
Il
nous incombe aussi de stimuler l'enfant en variant la présentation
du chant. Parmi les nombreuses possibilités de variations,
mentionnons celle qui consiste à faire chanter les strophes,
ou certaines phrases, alternativement par les garçons et
par les filles. Attention de ne pas complexer l'un ou l'autre
groupe par un usage maladroit de cette compétition, par
ailleurs très bonne.
Sachons
aussi encourager. C'est important. Reprocher sans cesse des erreurs
aux petits chanteurs ne crée que mécontentement
et lassitude.
Gérard
Delapierre, extrait de "Communiquer l’évangile
aux enfants"
(Avec
l’aimable autorisation des éditions Ligue pour la
Lecture de la Bible)
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