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Les styles d'apprentissage



Dieu m’a donné la capacité d’apprendre.

Je donnais un séminaire à l’ouest des Etats-Unis. Toutes les personnes suivant ce séminaire avaient l’air tout à fait « normales », à l’exception d’un homme qui correspondait tout à fait à l’image type du cow-boy. Il était vieux, le visage marqué par le temps et il était assis là avec son chapeau de cow-boy tout sale sur la tête. Il ne participait pas du tout au cours. Puis le séminaire se termina et alors que je rangeais mes notes et mes transparents, et que tout le monde était parti, il ne semblait toujours pas vouloir bouger de sa chaise. Alors que je m’avançais dans le couloir menant à la sortie, il se leva enfin et avança vers moi. « cette fois il va me tirer dessus ! » pensai-je. Mais il s’approcha de moi avec des larmes dans les yeux. Il
pointa son doigt vers moi et me dit : « Si quelqu’un m’avait dit, alors que j’étais petit, que Dieu m’avait créé avec la faculté d’apprendre, j’aurais fait quelque chose pour Jésus dans ma vie. »
Les larmes me sont montées aux yeux.

Trop souvent, nous incitons nos enfants à sous-estimer leurs capacités. Ils portent avec eux le poids de ce qu’un maître ou un parent a dit d’eux il y a des années : « Tu n’es pas assez intelligent pour ça. Tu n’y arriveras jamais. Tu n’as même pas de bonnes notes à l’école. Toi, continuer des études ? Allons donc… »
Le but de cette session est de montrer que Dieu nous a à tous donné des esprits compétents, capables d’apprendre et de réfléchir.

Pendant longtemps, on a cru que tous les gens vraiment intelligents avaient la même façon d’apprendre. C’est ridicule.
Regardez le nez de votre voisin et imaginez que ce nez se trouve sur votre visage !
Ridicule, n’est ce pas ? Il est tout aussi ridicule de penser que Dieu n’a créé qu’un modèle correct de penser et d’apprendre. Tout comme le nez d’une personne aurait l’air stupide sur vous, une certaine faculté d’apprentissage n’aurait rien à voir avec ce que Dieu veut faire de vous. Dieu ne s’est pas trompé en vous créant.

Ces dernières années, on en apprend plus sur le cerveau que jamais. 90% des neuro-scientifiques qui aient jamais vécu sont encore vivants aujourd’hui.
Ce que nous savons sur le cerveau augmente de jour en jour. Et nous n’avons qu’une heure pour parler d’un petit aspect seulement de ce cerveau…

Je vais faire quelque chose qui est n’est pas réaliste, mais qui nous simplifiera la tâche dans ce temps court dont nous disposons.
Je vais diviser l’esprit en 4 modèles d’apprentissage distincts. Bien sûr, aucun d’entre nous ne va rentrer parfaitement dans un de ces modèles. Dieu nous a tous créés différents. Et il est impossible de nous faire rentrer dans des boîtes. Cependant, vous verrez que la plupart des gens pensent que l’un de ces modèles leur correspond à peu près.

Un style d’apprentissage peut être défini comme la façon dont on apprend le mieux.
Si l’on vous enseigne dans ce style, vous apprendrez plus vite, avec davantage de plaisir, et, plus important encore, il est plus probable que vous mettiez en pratique ce que vous avez appris.

Je ne suis pas monitrice d’école du dimanche pour que les enfants passent un bon moment. Ni même pour qu’ils sachent réciter à l’envers l’ordre dans lequel Jésus a choisi ses disciples. Je les enseigne pour qu’ils puissent vivre le christianisme de façon concrète dans le monde qui les entoure.
Et si je parviens à entrer dans leur style d’apprentissage, je peux les aider à mieux apprendre et à y trouver davantage de plaisir. Enfin, je peux les inciter à mettre ce qu’ils ont appris en pratique.

Allons-y donc, et si le concept vous intéresse, j’ai écrit tout un livre là-dessus.
Pour certains d’entre vous, le fait que j’ai écrit un livre sur la question me rend qualifiée pour donner ce séminaire. D’autres s’en fichent complètement.

Avant de vous montrer ces différents styles d’apprentissage, laissez-moi préciser quelque chose : ceci n’a rien à voir avec votre Quotient Intellectuel. Il s’agit simplement de la façon dont vous apprenez le mieux, que vous soyez très intelligent ou complètement stupide. Dans ces quatre modèles, on trouve un nombre égal de génies et un nombre égal de gens pas très futés.

Si l’on n’est pas conscient de ces différents types d’apprentissage, on aura tendance à avoir davantage de succès dans l’enseignement des élèves qui nous ressemblent.
Lorsque je parle des styles d’apprentissage, chacun cherche, et c’est normal, à découvrir lequel de ces modèles s’applique le mieux à lui-même. Mais je vous encourage à rechercher également lequel de ces patterns correspond le moins à votre personnalité ! Parce qu’il est possible que vous ne soyez pas efficace dans votre enseignement avec les enfants dont c’est justement le style d’apprentissage.

La plupart d’entre nous épouse quelqu’un qui est tout le contraire et nous, nous passons le reste de notre vie à essayer d’enseigner à cette personne la bonne façon de penser !

Je vais donc vous parler de ces différents styles d’apprentissage et vous en donner les caractéristiques. Essayez de trouver ceux qui vous correspondent le plus et le moins.


Les imaginatifs

Certains d’entre vous sont des imaginatifs. Ils sont dans une situation difficile pour deux raisons.

- Ils ont une vision globale et ne voient pas les détails. Imaginez un test d’histoire où le professeur demande: quelle était l’année de la bataille, où a-t-elle eu lieu et quels étaient les deux généraux à la tête des armées ? Les imaginatifs n’en ont aucune idée et ils s’en fichent complètement. Mais si la question est générale, du type « Pourquoi cette guerre a-t-elle eu lieu et comment empêcher qu’une telle chose se reproduise ? », ils sont tout à fait capable de répondre à cette question.
C’est le genre d’enfants ou d’adultes qui voient la forêt mais qui ne verraient pas un arbre même s’ils marchent droit sur lui. Ils n’ont qu’une vision globale. C’est le genre d’enfant, dans nos classes d’école du dimanche, qui ne gagnera jamais un prix pour avoir mémorisé 50 versets bibliques. Parce que mémoriser des versets signifie remettre des mots dans le bon ordre, et ils n’en voient pas la nécessité.
Mais ils pourront vous dire comment ils ont vécu ces versets bibliques. Et combien d’entre nous remettent des prix aux enfants parce qu’ils vivent la Parole de Dieu ?

- Ce genre de personnes a besoin de parler pour pouvoir apprendre. Lorsque leur bouche est en action, leur cerveau est en action. Certains d’entre vous ici sont impatients que je me taise pour que vous puissiez parler de ce que j’ai dit et voir si cela vaut quelque chose ! L’imaginatif a tendance à être très bruyant en classe.
On leur demande d’être silencieux en lisant la Parole de Dieu, mais ce faisant, c’est comme si l’on mettait leur bouton d’apprentissage sur OFF. Ils apprendraient bien plus si on leur donnait la possibilité de disserter sur la parole de Dieu et de l’étudier eux-mêmes avec un ami. Il apprennent bien mieux lorsque leur bouche
peut s’exprimer.

Ils ont tendance à être très centrés sur les gens. Ils aiment la compagnie. Si leur maison était en feu, ils sauveraient leur annuaire téléphonique pour ne pas perdre contact avec leurs amis.
J’enseigne dans toutes sortes de cultures et de dénominations différentes, et lorsque je pénètre dans une salle pour donner un séminaire, je suis un peu angoissée. Je suis à la recherche de quelqu’un qui va me sourire sans raison apparente. Cette personne a toutes les chances d’être un imaginatif. Ces personnes en effet veulent savoir qu’elles sont vraiment aimées. Il est plus important pour les enfants imaginatifs de s’entendre avec les autres que de répondre juste. C’est eux qui feront immédiatement de la place à un nouveau qui rentre dans la classe et qui ne sent pas très bon. Ils aiment les gens !
Pour plusieurs d’entre les imaginatifs adultes, la partie du séminaire dont ils se rappelleront le mieux est le moment de pause où ils ont pu boire le thé avec des personnes qu’ils ne connaissaient pas encore dans le hall d’entrée.
Dans nos églises, les imaginatifs agissent comme un bouchon. Ils empêchent les gens de s’en aller en disant « Oh, cette église n’est pas sympathique, je vais aller voir si on m’accueille mieux ailleurs ». Ils mettent tout le monde à l’aise.
Ce sont des imaginatifs, ils ont besoin de parler, cela fait partie de leur processus d’apprentissage, ils aiment apprendre dans un environnement coloré, ils aiment travailler avec leurs amis.


Les analytiques

L’analytique est le genre de personne que toutes les mères rêvent d’avoir comme bébé. Les analytiques en effet se jettent sur les livres dès leur plus jeune âge et continuent de les dévorer tout au long de leur vie.
En arrivant à ce séminaire, ils ont énormément apprécié la disposition de la salle. Ils aiment que les chaises soient alignées et le fait de regarder la nuque de la personne qui se trouve devant eux les engage dans un processus d’apprentissage. Ils ne supportent pas d’arriver dans une salle où toutes les chaises sont en cercle.
Pourquoi perdre son temps à discuter tous ensemble alors qu’une personne est venue spécifiquement pour nous donner un cours ?
C’est le genre de personnes qui adore prendre des notes.

On a longtemps pensé que les analytiques étaient les personnes les plus intelligentes. Il est vrai que bien des personnes de type analytiques sont intelligentes, mais elles ne sont pas les seules ! Si nous ne reconnaissons pas les qualités et facultés de tous les styles d’apprentissage, nous perdons un potentiel énorme, d’intelligence et de travail que Dieu nous a donné pour nos communautés. Mais très tôt, un enfant peut prendre sur lui une étiquette négative : « Je ne vaux rien. Je ne suis pas capable. Je ne suis pas bon en lecture. Je ne sais pas m’exprimer en public. »

Aux Etats-Unis, un enfant de quatre ou cinq ans comprend très bien ce que signifie d’être assigné au groupe de lecture « guépard » ou « tortue » à l’école. Ils comprennent très vite quelle est la différence. Nous leur donnons très tôt des étiquettes.
Si vous êtes enseignants, votre rôle est d’enseigner aux enfants que Dieu leur a donné à tous la capacité d’apprendre. C’est à vous de déchirer les mauvaises étiquettes qui leur ont été collées et de les remplacer par ce que Dieu dit d’eux. Si vous ne le faites pas, êtes-vous vraiment un enseignant ?

Les personnes de genre analytique veulent que tout soit rationnel et bien ordonné.
Elles sont très satisfaites de voir que cet enseignement semble suivre une ligne conductrice. J’ai commencé avec le numéro 1, je parcours maintenant le numéro 2, et selon toute probabilité, je passerai bientôt au numéro 3. Pour eux, c’est une qualité essentielle chez un bon orateur. Ils aiment que tout soit bien organisé.

C’est le genre d’élève que les maîtres ont tendance à aimer. Lorsque le moniteur demande : « Asseyez-vous et ouvrez vos Bibles », la personne de type analytique fait exactement cela. Les analytiques veulent être aimés de l’enseignant, et feront tout ce qu’il veut. Même en tant qu’adultes, il seront toujours à la recherche de « bonnes notes ». Leur vie entière, ils vont travailler pour obtenir des « 10 ». Bien sûr, dans la vie professionnelle, on ne reçoit pas de notes, mais des équivalents, du genre : « Vous êtes vraiment le meilleur moniteur d’école du dimanche qu’on ait jamais eu ». Les personnes de type analytique travaillent pour obtenir l’approbation.
C’est le genre d’élève qui va gagner le concours de mémorisation de versets bibliques. Ils ont besoin d’être reconnus pour leur intelligence.

Tout ce que nous enseignons à l’école ou à l’église tend à correspondre au style d’apprentissage analytique. Pourtant, dans nos cultures occidentales, seuls 30% des personnes se rangent dans cette catégorie. Alors si tout votre enseignement se dirige dans cette direction analytique, vous ne touchez que 30% de votre classe.
Cela ne suffit pas.

Attention. Ce genre d’élève fera tout pour être aimé de vous. Et lorsque vous faites l’appel suivant « Qui aimerait avoir Jésus comme ami et l’inviter à venir vivre en lui ? », l’enfant analytique va vite comprendre qu’il s’agit de l’évangile et savoir quelle est la « bonne » réponse à donner, celle que le maître espère entendre. Mais la décision qu’il prend alors n’est pas une décision pour Jésus mais une décision pour
son moniteur.
Prenez garde de donner assez de temps au personne de type analytiques pour prendre leur décision de suivre Christ. Ce sont les penseurs et les observateurs de notre société et ils ont besoin d’y réfléchir un peu. Ils vont demander à leurs parents ce qu’ils en pensent, éventuellement lire un livre sur la question, en parler avec des personnes qui ont choisi de rejeter le christianisme. Mais une fois qu’ils auront pris
une décision, ce sera la leur, et il s’y tiendront.

De façon tout à fait opposée, la personne de style imaginatif entend parler de Jésus,
et l’adopte en tant que « personne à qui on peut parler de tout et à n’importe quelle heure » !
Ce sont des enfants complètement différents, avec des approches complètement différentes. Certains d’entre vous ont certainement déjà découvert quel style leur correspond et ils se reconnaissent dans ces exemples.

Je donne parfois des séminaires où des couples se trouvent dans l’auditoire et il est toujours très intéressant de les observer. Je décris un style d’apprentissage et les conjoints se regardent tour à tour en rigolant « Ah ah, ça c’est tout à fait toi ! ».

Nous sommes tous très différents dans notre style d’apprentissage, et pourtant, tous nos enseignements semblent être ciblés bien davantage sur le style analytique que sur tout autre.


Les « terre-à-terre »

Les personnes qui courent le plus de risques dans nos écoles et nos églises sont les personnes dont le style d’apprentissage a les pieds sur terre...

- D’une part, c’est le genre d’enfant qui ne va rien apprendre à moins que cela prenne un sens pour lui et qu’il puisse utiliser ce quelque chose tout de suite.
« Pourquoi sommes-nous assis là à mémoriser les noms de toutes les rivières d’Israël si vous ne m’emmenez pas descendre ces fleuves en rafting ? »
« Pourquoi est-ce que je dois apprendre à partager ma foi alors qu’il n’y a pas eu un seul non-chrétien dans cette classe depuis que la Mer Morte est tombée malade ? » Ils veulent que tout ce qu’ils apprennent soit vraiment utile ! Si ne ce n’est pas le cas maintenant, ils ne vont pas remplir leur cerveau avec. Imaginez le problème que cela peut représenter à l’école. Ils ont des difficultés à apprendre des choses qu’ils ne vont pas pouvoir utiliser avant 2 ou 3 ans. Ils veulent pouvoir s’en servir maintenant. Ils veulent que tout soit très pratique et découle du sens commun. Ils se fichent de la différence entre la cosubstantiation et
transsubstantiation. Ils veulent simplement savoir pourquoi on prend la Sainte-Cène. Tout doit être pratique. Si votre leçon ne contient que de belles histoires du passé qui ne s’appliquent pas à leur quotidien, ils ne les retiendront pas. C’est comme si quelque chose se fermait dans leur cerveau.

- D’autre part, ce groupe de personnes a besoin de bouger pour apprendre. C’est comme si Dieu avait mis un lien entre leur corps et leur esprit de telle sorte que lorsque le corps est en action, l’esprit l’est aussi. Mais lorsque le corps est assis à ne rien faire, le cerveau végète aussi.

Mon propre style d’apprentissage est celui du « terre-à-terre ». Des personnes m’ont dit que lorsque j’enseigne, il leur est parfois possible de dire que je vais passer au point suivant parce que mon corps le signale par un mouvement.
Pourquoi fais-je cela ? Ce n’est pas parce que je veux danser en public ! Je viens d’une dénomination mennonite très rigide et très stricte, où l’on ne dansait surtout pas ! Alors pourquoi suis-je toujours en train de bouger ? C’est ma manière de dire à mon cerveau « Eh oh, on va où maintenant ? ». Et si je devais rester coincée derrière un micro, je deviendrais très vite ennuyeuse.

Les personnes du type « terre-à-terre » doivent bouger pour apprendre. Ils veulent pouvoir tester tout ce qu’ils entendent et pour eux il est impératif que toutes les leçons d’école du dimanche ou de quoi que ce soit offrent un laboratoire pour une mise en pratique. Ils veulent pouvoir voir une pratique stratégique et être capable de dire « Quelle différence cela fait-il pour moi maintenant ? » Que vais-je en faire ?
Ce sont le genre d’enfants qui sont très manuels, ils utilisent leurs mains et tout leur corps pour expérimenter le monde.

Imaginez que chacun de ces groupes reçoive un tricycle à monter soi-même. Quelles seront leurs différentes approches ?

- Les parents d’un enfant imaginatif lui achètent un tricycle, puis celui-ci invite tous ses amis à venir l’assembler. La fête !
- La personne de type analytique prend les instructions de montage, les suit pas à pas et assemble le tricycle.
· La personne « terre-à-terre » étale les pièces devant elle, jette le mode d’emploi et se met à construire son tricycle. A la fin, il lui reste 16 boulons en trop, mais le vélo fonctionne parfaitement !
Les personnes « terre-à-terre » sont davantage centrées sur la tâche que sur les personnes. Ils veulent pouvoir faire quelque chose. Il ne suffit pas d’être assis à parler des pauvres dans le monde. Allons faire quelque chose pour eux ! Il ne leur suffit pas de parler des choses, contrairement à leur opposé, l’imaginatif. Les personnes « terre-à-terre » sont des personnes actives qui aiment faire les choses.
Pour cette raison, on leur colle souvent l’étiquette « gentil mais bête ». Ils sont manuels et ceci n’est pas valorisé dans nos cultures. Souvent, le système scolaire ne leur convient pas du tout, eux qui ont besoin de bouger pour apprendre. Et si leur maître n’est pas au courant des différents styles d’apprentissage, il est très possible qu’ils soient dénigrés et aient une très mauvaise image d’eux-mêmes… alors qu’il n’y a rien qui cloche chez eux. Dieu nous a donnés des enfants plus intelligents que l’on croit !

Les styles d’apprentissage comptent parmi les nombreux outils que nous avons pour nous aider à capturer l’intelligence des enfants.

Un jour, une mère fit une visite dans la classe de son fils. Les élèves avaient pour tâche de compléter la phrase : « J’aime lire…. ». Ces enfants de huit ans écrivaient des choses comme : « J’aime lire des livres sur les dinosaures », «J’aime lire des choses sur les étoiles ». Lorsque la mère en question voulut voir la phrase de son fils, elle put lire : « J’aime lire… une page au maximum ». Les enfants de type « terre-à-terre» préfèrent faire que lire. Ils ne liront que si cela leur est utile pour accomplir quelque chose, mais il sont bien plus intéressés par l’action.
Comme je l’ai déjà mentionné, beaucoup d’entre nous épousent leur contraire.
Dans le cas des styles d’apprentissage, le 1 s’oppose au 3, alors que le 2 s’oppose au 4. Je suis du type « terre-à-terre », alors devinez ce qu’est mon mari ? Il est imaginatif. En général, les contraires s’attirent.

Mon mari et moi formons une véritable équipe. Il parvient à toucher des enfants qui sont différents de ceux que je parviens à toucher. Ensemble, notre ministère est plus fort. J’ai été très longtemps célibataire. Je suis la seule femme dont la mère a applaudi lorsque sa fille est entrée dans l’église en robe de mariée !
Alors que j’étais célibataire, j’appréciais déjà d’enseigner en équipe. Mais j’essayais toujours de trouver un partenaire qui soit exactement comme moi. Et j’avais tort. Je n’ai pas besoin d’un autre moi, mais de quelqu’un qui pense différemment de moi, de quelqu’un qui pense « bizarrement ». Et mon ministère en tant que célibataire aurait été plus fort si j’avais été associée à des personnes qui pensent et parlent dans des patterns diamétralement opposés aux miens !

Laissez-moi vous donner une illustration.
Mon mari et moi étions responsables ensemble d’un groupe d’adolescents. Voici comment nous nous y prenions. C’est moi qui choisissais le programme, et qui l’étudiais. Je venais en avance pour mettre les chaises en place. Et c’est moi qui enseignait la matière. Vous vous demandez peut-être à quoi servait ce paresseux de mari ? Il était présent, et il participait comme n’importe quel être humain. Et pour la plupart de ces adolescents, mon mari était le seul homme chrétien qu’ils rencontraient de toute la semaine. Pour certains d’entre eux, c’étaient le seul homme tout court auquel ils pouvaient parler de toute la semaine. Il est intéressant de voir comment ces ados réagissaient. Lorsqu’ils avaient une question concernant leur foi, du style « Quelle personne sensée pourrait croire à l’incarnation ? », ou « Comment un Dieu d’amour a-t-il pu permettre que 6 millions de juifs meurent ? », ils venaient vers moi, la prof. Et nous fouillions les écritures, parce que cela paraissait logique de chercher dans la Parole de Dieu et de voir ce que cette dernière avait à dire.
Mais lorsque leurs vies se disloquaient, lorsqu’un grand-parent mourrait ou qu’un soit-disant 'ami pour la vie' les rejetait, lorsque quelque chose les touchait profondément, ils allaient vers mon mari. Mon mari imaginatif, qui aime les gens, et qui était capable de les entourer de l’amour du Père sans même les toucher. Aurais je dû être jalouse, moi qui me donnait tant de peine pour ce cours ? Je suis quand même capable de mettre mes bras autour d’une personne et de serrer ! Mais ce n’est pas quelque chose qui me vient de façon aussi naturelle qu’à mon mari. Dieu a tout prévu, et nos ministères se fortifient mutuellement. Si vous avez la chance d’avoir un(e) chrétien(ne) pour époux, ou si vous êtes célibataire et que vous avez la chance d’avoir un(e) ami(e) chrétien qui pense différemment de vous, unissez-vous dans vos ministères. Vous pourrez atteindre davantage d’enfants pour Jésus.

Même si cela fonctionne parfaitement en classe, je n’ai pas voulu dire que mon couple n’a jamais de problèmes. Je vais vous partager un autre exemple où nos styles d’apprentissage ne se sont pas si bien complétés.
Je m’étais absentée un week-end, et à mon retour, mon mari m’attendait à l’aéroport, tout excité. Cela m’inquiète toujours. « Tu ne devineras jamais ce que j’ai fait ce week-end ? me dit-il. J’ai peint le toit de notre maison en violet ». Et c’était vrai. Ma réaction fut de dire : « Et pour sa valeur de vente ? Qui voudra d’une maison peinte en violet ? ». Sa réponse fut tout à fait caractéristique d’une personne de type imaginatif, qui aime les gens. Il me dit : « Haha, maintenant tous nos amis seront capables de trouver notre maison sans explications ! » Il avait raison… La seule maison violette de la ville !…

Les personnes de type imaginatif aiment les gens et ont une vision globale. Ils parviennent à intéresser les gens à l’étude de la Parole de Dieu. Ils aiment discuter avant le début d’un cours du pourquoi des choses. Pourquoi étudions-nous le prophète Michée ? Pourquoi est-ce important ? Et ils arrivent à inciter tout le monde à parler de leur propres expériences.

La personne de type analytique en revanche se dit : « Je sais pourquoi on doit étudier ce passage, mais que dit la Parole de Dieu, et que dois-je savoir ? »
Puis la personne « terre-à-terre » ajoute : « Bon, je sais pourquoi nous étudions, et je sais ce que dit la Bible à ce sujet, mais comment le mettre en pratique ici chez nous ? Comment cela marche-t-il ? Comment peut-on l’expérimenter ? Mettons-le en pratique ! »


Les dynamiques

La personne de type dynamique n’est pas facile à gérer. C’est le genre de personne qui se précipite pour tester toutes sortes de nouvelles idées, qui sont plutôt des impressions vagues et générales. La personne de type dynamique veut toujours tout faire différemment. Quoique vous leur proposiez de faire, ils veulent faire quelque chose d’autre. On dit parfois que les dynamiques peuvent être caractérisés par ce seul mot : « Mais… ».
Un pasteur se rend dans une classe du dimanche d’enfants de neuf ans et explique à leur monitrice : « Je vais prêcher plusieurs dimanches de suite sur le Psaume 23, et j’aimerais bien que votre classe fasse une lecture en choeeur de ces versets au début de chaque culte. Les parents seront ravis, et les enfants n’ont même pas besoin de mémoriser ces textes. Il suffira qu’ils les lisent avec de l’expression ». Les enfants sont très contents, ils trouvent l’idée super, et leurs mamans seront si fières.
Tout le monde aime l’idée, sauf l’enfant dynamique. « Lire en choeeur, c’est pas mal, dit-il. MAIS que dites-vous de cela ? Je vais demander à ma mère de me conduire en voiture chez des gens de l’église et je prendrais des photos d’eux en train de mimer le Psaume 23 ! On projettera ces photos comme des diapositives et, au fait… ça fait trois semaines que je prend des cours de guitare. Je vais écrire un chant pour accompagner tout ça !».

L’enfant dynamique ne veut pas faire moins que les autres… mais il veut le faire différemment. Et trop souvent, nous les moniteurs avons notre leçon toute préparée et nous ne voulons pas que l’enfants de type dynamique la perturbe. On finit par lui dire « Oh, quelle bonne idée… on verra la prochaine fois ! ».

Lorsque j’étais à l’école, il fallait toujours écrire son nom en haut à gauche de la feuille lors d’un test. Je détestais cela. Il y a assez de composantes dynamiques en moi pour qu’à la place, j’écrive mon nom au milieu avec des ronds autour. Il m’était égal de perdre des points, je voulais simplement pouvoir écrire mon nom où bon me semblait.

Chacun d’entre nous, dans notre manière de penser, possède au moins une petite dose de chacun des 4 styles d’apprentissage. Mais un style, ou peut-être deux, sont dominants chez nous.
Personnellement, je n’ai que très peu du style imaginatif en moi. Il faut vraiment que je réfléchisse un moment avant d’aller prendre quelqu’un dans mes bras. Du style : « Voilà une personne. J’aime cette personne. Je devrais la prendre dans mes bras ».
Le fait de me centrer sur les gens ne me vient pas naturellement. C’est quelque chose auquel je dois travailler. Mais Dieu l’exige ! Je ne peux pas ignorer les enfants de ma classe.
J’ai un peu plus de composantes analytiques. Je me débrouille pas mal pour prendre des notes, et mon livre contient de nombreux paragraphes organisés.
J’ai un taux énorme de « terre-à-terre ».
Et finalement, j’ai également beaucoup du style d’apprentissage dynamique, mais tout de même pas autant que de « terre-à-terre ».

C’est avec le style imaginatif que je suis le moins à l’aise, et c’est donc à ce niveau là que les enfants de ma classe courent le risque d’être incompris ou négligés.
A propos, sachez que l’on est souvent licencié par un patron qui a un style d’apprentissage complètement opposé au sien. Faites donc attention si vous savez que c’est le cas pour votre patron. C’est à vous de vous adapter à son style d’apprentissage et non à lui de s’adapter au vôtre.

La personne de type dynamique a donc tendance a être extrêmement créative. C’est elle qui va louer un dirigeable pour distribuer des tracts dans tout le pays. Ce sont des personnes merveilleuses dont nous avons désespérément besoin à l’église. Ce sont les missionnaires du futur. Ils n’ont pas besoin d’aller loin pour cela, mais ils oseront faire des choses que personne n’a jamais faites.

Les personnes de type dynamiques vont parfois faire des erreurs dues à leur impulsivité. C’est la raison pour laquelle elles ont désespérément besoin de leur opposé, la personne analytique. L’analytique doit prier pour elles !

Lors d’une réunion de discussion, la personne dynamique aura 25 idées supers avant que la plupart d’entre nous n’aient eu le temps de sortir leurs stylos. Et ce n’est pas grave si ces 25 premières idées sont irréalisables, parce que le dynamique en a 25 autres en attente ! Mais ces personnes ont besoin du talent des autres pour filtrer leurs idées et les rendre réalistes. Nous avons tous besoin les uns des autres.

La plupart de nos problèmes viennent du fait que dans nos églises, on a plus d’estime pour un groupe que pour l’autre.

Quel que soit son âge, la personne de style dynamique a tendance à être un leader.
Bien sûr, on peut trouver des leaders dans chacun des autres groupes, mais les dynamiques sont ceux chez qui c’est le plus manifeste. C’est un groupe de personne qui dirige plus par la force de leur personnalité que par leur intelligence, même s’ils peuvent être très intelligents.
Il peut arriver qu’un année, la classe des onze ans vienne plus tôt à l’église le dimanche matin afin de prier pour le culte. En revanche l’année suivante, alors que le groupe s’est à peine transformé, ils vont en ville pour voler dans les magasins.
Pourquoi ? Les jeunes ont tendance à suivre le leader dynamique, qu’il soit radical pour Jésus ou radical dans une autre direction.
Alors si vous pensez, et c’est fort probable, avoir un enfant de type dynamique dans votre classe, prenez spécialement du temps pour prier pour cet enfant-là, qui sera un leader pour le meilleur, ou pour le pire.

Essayez de dire quel style d’apprentissage vous correspond le mieux. Et réfléchissez aux façons dont vous détestez apprendre…

Les imaginatifs détestent les manuels, et les cours ex-cathedra. Ils n’écouteront un cours que s’il est parsemé d’humour ou d’illustrations.
Si vous avez des enfants de types imaginatif dans votre classe faites attention car ils souhaitent tellement être aimés des autres qu’ils peuvent devenir trop arrangeants ou conformistes. Plutôt que de faire ce que Jésus veut, ils pourraient avoir tendance à faire ce que le groupe veut. Parfois, ce qui est une qualité peut devenir un défaut.

Les analytiques veulent absolument savoir s’ils ont obtenu une réponse juste ou fausse. Ils n’aiment donc pas les questions à développer, les dissertations. Ils préfèrent devoir mettre un mot dans une case vide. Ce n’est pas une mauvaise façon d’apprendre mais il est important de réaliser que ce n’est pas la seule façon d’apprendre.
Les analytiques détestent être sollicités pour une réponse s’il y a la moindre chance qu’ils puissent répondre faux. Ils veulent avoir les meilleures notes.

Les analytiques ont tendance à être très intelligents, si l’on considère l’intelligence traditionnelle. Mais pour ce qui touche aux personnes, ils peuvent devenir maniaques, moralistes, plein de préjugés et critiques. A part ça, ce sont des gens très sympathiques ! Ils savent simplement qu’ils sont capables d’obtenir les meilleures notes et cela les rend un peu supérieurs parfois.
Ils détestent faire tout ce qui n’est pas directement noté. Par exemple les jeux de rôles. Comment savoir s’ils ont fait juste ou faux ? Ils n’aiment pas le système de notes « suffisant » ou « insuffisant ». Ils veulent que tout le monde sache qu’ils ont obtenu la meilleure note.

Les personnes « terre-à-terre » détestent devoir lire et mémoriser. Elles détestent lire les modes d’emploi, et n’aiment pas travailler en groupe. « Laissez-moi seul, et ça ira mieux et plus vite ». Elles se débrouillent en général très bien avec les ordinateurs.
Les personnes de type « terre-à-terre » sont centrées sur la tâche plutôt que sur les personnes. Elles veulent accomplir quelque chose et le terminer. Si un pasteur appartient à ce groupe, il y a des chances qu’il marche sur les gens sans même réaliser qu’il les blesse. Il aura tendance à oublier les gens.

Dieu veut que nous travaillions avec tous les styles d’apprentissage.
Cela rend notre travail avec les enfants plus efficace, mais aussi plus difficile.

La personne dynamique déteste tout ce qui ne lui laisse pas de choix. Plutôt que de dire « ce semestre nous allons mémoriser 10 versets bibliques », dites-leur « parmi les 20 versets bibliques suivants, choisissez-en 10 à mémoriser ce semestre ! ».
Laissez-leur des options. Ils détestent faire la même chose lors de chaque leçon d’école du dimanche : Toujours commencer avec des jeux. Puis prier. Puis étudier la Bible. Puis rentrer à la maison. Il n’y a rien de plus ennuyeux pour eux. Ils veulent faire quelque chose de différent.
Concernant leurs négatifs, il sont tendance à être égocentriques, et manipulateurs.
Ils sont facilement excités et indisciplinés. Ils commencent tout mais ne finissent rien.

Ayant 4 styles d’apprentissage différents, nous pouvons toucher tous les enfants de notre classe en structurant notre leçon en 4 parties différentes.

1ère partie (imaginatif) : Pourquoi étudier tel sujet ? C’est un moment pour s’exprimer.
2ème partie (analytique): Etude biblique. Contenu de la leçon.
De nombreux enseignants s’arrêtent là. . Mais ils n’ont touché que la moitié de leurs élèves.
3ème partie (terre-à-terre): Comment ce que l’on a vu s’applique-t-il à notre quotidien ?
4ème partie (dynamique) : Qu’est-ce qu’on pourrait faire de ça ? Nouvelles idées.
Créativité. En effet, on n’apprend pas pour être gavé, mais pour aller redonner au dehors ce qu’on a appris au dedans !

En suivant cette structure, chacun y trouve son compte et peut faire parler son intelligence, dans la partie qui lui convient le mieux.

Dieu m’a donné la capacité d’apprendre. Il m’a créé avec un cerveau qui fonctionne !
Les enfants nous demandent implicitement : « Penses-tu que je sois quelqu’un ? ».
Et en valorisant leur style d’apprentissage, nous leur répondons « Oui tu es quelqu’un. Tu as de la valeur pour Jésus, et il veut t’utiliser. Dieu t’a donné la capacité d’apprendre ! »


Par Marlene LeFever



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